La Haute Qualité Environnementale : introduction

30/07/2007

Aujourd’hui, les préoccupations écologiques prennent une importance croissante dans tous les aspects de la vie quotidienne. En architecture, la préservation de l’environnement et le développement durable se traduisent par la démarche Haute Qualité Environnementale. En voici les principaux aspects.

lycee-de-vinci.jpgLa notion de Haute Qualité Environnementale est issue du Sommet de la Terre en juin 1992. Elle vise à maîtriser les impacts des opérations de construction ou de réhabilitation sur l’environnement et à intégrer dans le bâti les principes du développement durable. Progressivement établie par des acteurs du bâtiment, de l’environnement et des maîtres d’ouvrage, c’est une démarche qualité qui demande encore ajouts et perfectionnements. Le cycle de vie entier du bâtiment est pris en compte : sa conception, sa construction, son fonctionnement et sa déconstruction. Un «bâtiment HQE» est avant tout un bâtiment qui répond à ces attentes : qualité de vie (un lieu où les occupants sont en bonne santé, se sentent bien, paient des charges modérées et trouvent de bonnes ambiances : température, éclairage, acoustique, qualité de l’air) et protection de l’environnement. Les principaux objectifs sont donc le respect et la protection de l’environnement extérieur, et la création d’un environnement intérieur confortable et sain.

le-hingle.jpgEn France, trois organismes contribuent à structurer la démarche HQE : l’ADEME, l’Association HQE et le CSTB. Ils ont mis en place un système de certification depuis 2005 s’appuyant sur un référentiel technique en deux volets : le SMO (Système de Management de l’Opération) et la QEB (Qualité Environnementale du bâtiment). Ce second volet contient les quatorze cibles HQE, divisée en deux catégories : les cibles de maîtrise des impacts sur l’environnement extérieur et celles de création d’un environnement intérieur satisfaisant. Le 1er mai 2006, l’activité de certification des acteurs et des ouvrages de construction initiée au sein du CSTB a été transférée à une nouvelle société dénommée Certivea.

Aujourd’hui principalement choisie pour des raisons éthiques, la HQE reste appliquée à des bâtiments isolés. N’étant pas imposée légalement, elle en devient une démarche volontaire, une manière de s’impliquer dans la préservation de l’environnement.
Souvent dénigrée pour son coût de construction supérieur à celui d’un bâti traditionnel, elle permet pourtant de limiter les coûts de fonctionnement, avec de nombreux bénéfices environnementaux et sociaux.

bedzed.jpgLa HQE prend réellement tout son sens quand elle est appliquée à l’échelle d’un quartier, comme dans l’exemplaire BedZED, au sud de Londres. Ces éco-quartiers visent généralement au minimum à une autonomie énergétique, et cherchent à diminuer leur empreinte écologique sur leur environnement immédiat, tant au niveau du construit que de l’usage quotidien. L’expérience de BedZED a démontré que l’essentiel de la réduction de l’empreinte écologique est réalisé grâce au comportement des usagers et à leur compréhension des enjeux. En effet, certaines habitudes peuvent facilement être prises en proposant des structures adéquates. Ainsi, pour réduire le nombre de voitures à essence et réduire l’utilisation d’énergies fossiles, un réseau efficace de transports publics, une mutualisation des véhicules et l’encouragement à utiliser des voitures électriques peuvent être mis en place. La livraison quotidienne de produits frais issus de l’agriculture locale économise à la fois emballages et produits chimiques tout en assurant une alimentation plus saine avec des produits de saison. Le quartier de BedZED permet également une augmentation du recyclage, une diminution de 90% de la demande en chauffage, un accès facile à des activités socio-culturelles et aux commerces, une mixité sociale de par l’attribution des logements et le développement de la biodiversité.

La démarche HQE est maintenant en passe de s’enrichir d’une quinzième cible ayant pour but une meilleure intégration de la biodiversité et l’idée de remboursement de la dette écologique. L’ADEME travaille également sur le thème de la pollution lumineuse et de la maîtrise de l’éclairage extérieur.